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Films et livres

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December 17th, 2008 at 7:19am.

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Dec17

L’art de la simplicité, Dominique Loreau

artsimplicite.jpgIl y a quelques mois, je vous avais parlé de “L’Art des listes” de Dominique Loreau, cette auteur française adepte de la “zénitude” de son pays d’adoption, le Japon.

Aujourd’hui, je vais essayer de rassembler mes esprits (car il est taaaaard…mais si je me mets pas à blogger à pas d’heure, je ne m’y mets pas du tout) pour vous dire 2-3 mots sur “L’Art de la simplicité“, ouvrage du même auteur et paru chez Marabout.

En gros, Dominique Loreau tient toujours le même discours (elle a d’ailleurs depuis publié un nouvel opus “L’Art de l’essentiel” qui doit raconter la même chose): débarrassez vous de tout le superflu, videz vos placards, abandonnez vos achats compulsifs, rayez de votre carnet d’adresses tous les gens pas intéressants qui ne vous apportent rien, mangez plus frugal, épurez votre maison, simplifiez vous la vie.

L’Art de la simplicité est un bon livre à lire dans les moments de transition comme celui que je vis actuellement. Quelle meilleure opportunité qu’un déménagement pour trier, donner, jeter, vider, ranger…

Il y a foule de bonnes astuces et de conseils pratiques à tirer de ce livre…J’ai aussi aimé la dénonciation de la surconsommation de la vie moderne. Mais ce qui m’a gêné, c’est le côté “gourou” de l’auteur…

Ses injonctions sont très autoritaires, extrêmistes et parfois peu transposables dans la réalité.

Déjà, pour pouvoir suivre à la lettre les conseils de Dominique Loreau, mieux vaut être célibataire, riche, vivre seul et … ne pas travailler.

Parce que, ce qu’elle préconise, c’est de n’avoir chez soi que de très belles choses qui fonctionnent parfaitement. C’est de se nourrir le moins possible mais le mieux possible. De manger chez soi “avec lenteur et délicatesse” et de refuser les invitations à manger au restaurant. De manger toujours dans le même bol (pour contrôler les portions)! D’entretenir son corps. De brosser son corps avant le bain. De jeûner régulièrement. De rire et d’être heureux. De choisir uniquement des vêtements luxueux et de qualité irréprochable. De vivre dans un décor monochrome. De ne rien attendre des autres. De se lever et se coucher aux mêmes heures tous les jours.

ça vous semble faisable, vous? Sa philosophie de “Less is more” n’est à mon avis pas accessible à grand monde…

Et d’ailleurs, ça vous fait envie?

Un des exemples qu’elle donne, c’est “Refusez tout ce qui ne fonctionne pas aisément. Demandez à un professionnel de faire disparaître jusqu’au plus petit fil électrique dans une plinthe, sous un parquet ou dans une baguette spéciale. Faites changer les robinets qui ferment mal, les chasses d’eau bruyantes, la cabine de douche trop exiguë, une poignée inadaptée…toutes ces petites contrariétés qui empoisonnent votre vie quotidienne”.

Peut-être qu’au Japon, pays qui connaît le culte de la perfection et du détail, l’on trouve facilement un homme à tout faire qui va “zénifier” son intérieur…Mais je ne pense pas que cela soit le cas partout.

Je déplore également qu’elle n’ait pas abordé l’épineux sujet des cadeaux que l’on reçoit. Si, dans sa philosophie personnelle, on recherche le dépouillement et l’excellence, que faire des cadeaux qui ne cadrent pas avec le reste du décor? On les dépose en bas de son immeuble?

Et si l’on vit avec quelqu’un (il n’est jamais fait mention dans tout le livre des “concessions” que l’on fait à autrui lorsque l’on vit en société), comment faire s’il n’a pas la même définition du bon goût et/ou de l’utile?

Pour Dominique Loreau, toute accumulation est néfaste. Tout attachement au passé empêche de se projeter dans l’avenir. Tout ce qui est inutile ou usagé doit être jeté.

En lisant sur le net une interview de cet auteur, j’ai compris que “faire le vide” était tout simplement dans sa nature.

Extraits de l’entretien: “Je n’ai jamais éprouvé le besoin de posséder beaucoup de choses. À 20 ans, j’aimais n’avoir dans ma chambre qu’un lit, un tableau au mur et un fauteuil. Mais je n’y faisais pas spécialement attention. Mon amour pour la grande simplicité m’est venu au Japon, quand j’ai vu les intérieurs zen… et le contraste que cela faisait avec leurs appartements contemporains, croulants sous les objets les plus divers. Et puis, le fait de persister à voyager m’a aidé à me défaire de beaucoup de choses. Bref, tout a concouru à ce que je ne garde avec moi que très peu de choses”.

“…ce que je vide surtout, c’est mon emploi du temps. J’essaie d’avoir le plus de temps possible, de disponibilité. Je reste beaucoup chez moi, en silence. Et j’approfondis ce qui m’intéresse vraiment dans la vie. Je ne supporte plus les relations médiocres, superficielles. Je sélectionne attentivement les gens que je rencontre, les mets que je mange, les émissions que je regarde à la télévision. Je trouve triste de voir combien nos contemporains s’enlisent dans des faux problèmes. Ils se compliquent la vie”.

En conclusion, je peux dire que je me sens à des années lumière de cette philosophie…mais que l’idéal serait que je sache m’en inspirer un tout petit peu pour m’aider à me “désemcombrer” de ce que je jugerai superflu!


3 Responses to “L’art de la simplicité, Dominique Loreau”

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  1. Dec19

    sophie

    Said this at 8:44pm:

    bien bien bien… il y a quelque chose dont elle a probablement du mal à se défaire : son narcissisme.
    Mais pour bien suivre ses conseils, surtout surtout ne t’encombre pas de cet ouvrage dans tes cartons de déménagement.

  2. Dec20

    Laurence

    Said this at 5:26am:

    Oui, tu as sans doute raison…j’essayais de savoir ce qui me gênait chez cette femme…c’est peut-être le narcissisme, ou alors le peu d’ouverture aux autres…

    Car juste aimer rester seule chez soi à manger des quartiers de pomme toujours dans le même bol de peur d’accumuler la vaisselle inutile et de se laisser aller à TROP manger (ouh quelle horreur), comme idéal de vie, il y a plus fun…

    Par contre, faut pas trop m’en demander trop non plus…Trier et donner mes vieilles chaussures, mes habits et mes sacs, OK…mais j’ai vraiment du mal à me débarrasser des livres…

  3. Jan3

    Mogore

    Said this at 4:47am:

    Le fait de changer tout ce qui nous contrarie au quotidien est une bonne idée : moins de soucis en tête.
    Mais refuser des sorties au restaurant, quelle idée étrange. Les limiter pour une bonne hygiène, pourquoi pas…mais on perd un peu la convivialité.
    De plus, les échanges superficiels (pluie, beau temps) sont essentiels pour une vie en communauté. On ne peut pas toujours commencer par des échanges profonds et philosophiques. Eliminer des copains de son agenda, c’est perdre cette capacité sociable.

    Le décor monochrome est impossible pour moi, ou alors, il me faudrait être proche de la nature, qui change elle-même de couleur au fil des saisons !!

 

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